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Sur le chemin de Saint Jacques de Compostelle du Puy-en-Velay au cap Finisterre

36ème jour : Najera (31 kilomètres)

Najera

 

mardi 30 septembre
Une fois arrivé à Najera :
- j'aurai parcouru 943 kilomètres
- il en restera 696 à faire.

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Mardi 30 Septembre un peu avant midi, j'attaque ma 6ème semaine.

Je laisse derrière moi Navarrete et Sandra qui a décidé de s'arrêter là, à peu près à mi-chemin de l'étape Logroño - Najera. Elle est fatiguée et ses pieds la font souffrir. Pour elle les étapes étaient trop longues, elle en ressortait épuisée ; elle ne trouvait pas le temps de faire son yoga, sa méditation et de travailler sa guitare ; pour moi c'est vrai que le rythme était assez lent. Donc  le moment était venu, nous nous somme séparés malgré tout le plaisir que nous avions à voyager ensemble. C'est la fin de cette étrange équipe, la fin de nos débats sur Dieu où nous étions d'accord sur presque tout à un détail prés : à la question "Dieu existe-t-il ?",  l'une répondait "Oui" l'autre "Je ne pense pas". Nous prenions le Chemin très au sérieux !

J'ai  laissé Sandra dans un café à côté du refuge de Navarrete qui n'ouvre officiellement qu'à 14h. Ayant vu des gens à l'intérieur nous avons tenté de négocier avec les hospitaliers, des Français, mais ils ont été jugulaire, jugulaire, l'heure c'est l'heure. Les personnes à l'intérieur  étaient des  Coréennes aux pieds totalement ruinés, qui rentraient de l'hôpital où le médecin leur avait prescrit un repos strict : cas de force majeure, sinon pas de dérogation.

La sortie de Logroño ce matin  n'était pas très, disons, bucolique, mais j'ai décidé de prendre le Chemin comme il est,  il traverse les villes historiques et donc il y a des entrées et des sorties de villes qu'il faut bien accepter comme elles sont.

En route nous avons été doublés par un couple aux tempes grisonnantes. Sandra et moi les avons baptisés « les professionnels » : tenue impeccable, rien qui ne dépasse du sac, ils avancent à un rythme assez soutenu, Monsieur devant Madame, puis au bout d'une demi-heure ils s'arrêtent, font une petite pause puis repartent avec cette fois Madame devant Monsieur et ainsi de suite. Des vrais pros. Ils sont tellement impeccables que l'on pourrait penser qu'ils viennent de commencer leur périple. En fait, j'apprendrai bientôt qu'ils sont Belges et qu'ils arrivent de chez eux d'où ils sont partis en juillet ! Ils ont eu le temps de roder leur méthode !

A partir de Navarrete le chemin s'écarte vraiment de l'autoroute qu'il suivait jusqu'à présent d'assez loin mais dont le ronronnement était bien présent. Sandra m'a dit qu'un bruit est un bruit et que c'est dans la tête que nous le trouvons insupportable ou agréable ; je n'ai pas tout compris à son développement philosophique mais j'essaye d'imaginer que ce sont des oiseaux et non pas des camions que j'entends !

Depuis ce matin le ciel était très couvert, la pluie semblait proche et la polaire était la bienvenue ; cet après-midi les nuages s'éloignent, le ciel bleu revient en force. Il y a du vent, il ne fait pas froid, juste bien pour la marche, j'ai enlevé mes pelures.

Donc destination Najera avec un petit col à passer.

13h-15 je viens de dépasser le village Ventosa, je n'ai pas vu le dénivelé annoncé, par contre je retrouve l'autoroute : je continue mon exercice d'abstraction.

13h15 Le dénivelé était bien là mais après le village, rien de bien méchant, le chemin débouche sur autre vallée. Je fais une petite halte restauration, dans les vignes en haut du col.

14h-15, je repars, je ne m'attarde pas, le ciel est de plus en plus couvert de gros nuages bien gris : ça sent la pluie.

L'arrivée sur Najera est très moche avec une zone industrielle et la traversée d'une route passante sans le souterrain habituel, il faut prendre son temps car camions et voitures défilent à grande vitesse.

15h15 je suis allongé sur mon lit dans l'auberge pour pèlerins, comme à chaque étape je repose mon dos un moment. Le refuge peut contenir 100 personnes toutes dans le même dortoir, comme à Roncevaux avec la hauteur sous plafond en moins.

Le temps de prendre une douche (très rapide car il n'y a plus d'eau chaude, le ballon a été épuisé par les premiers arrivants), de faire une petite lessive, puis quelques emplettes, je pars visiter la ville, malheureusement tout est fermé.  D'après le guide, il y avait pourtant l'air d'y avoir des belles choses, je dois me contenter des extérieurs qui sont déjà extraordinaires. En haut des tours de la cathédrale je vois mes premières cigognes du voyage, plus loin ça deviendra banal.

En revenant de ma visite écourtée, vers 19h, je rencontre à 100m de l'auberge, un marcheur effondré sur un banc, le sac à terre,  les chaussures à la main : « I'm so tired, where is the alberga ? ». Je lui propose mon  aide mais il décline mon offre et repart courageusement avec une démarche de canard mal assurée. Je vous rassure, il arrivera au gîte, je l'ai revu le soir.

Après un menu pelegrino où je retrouve au moins 20 personnes connues, retour à l'auberge où il y a une bonne ambiance, joyeuse, qui s'installe jusqu'à 22h15, heure à laquelle je coupe autoritairement toutes les lumières du dortoir : en deux minutes le silence s'installe. Comme quoi il faut un signal.

Pour en finir il n'a pas plu, demain Santo Domingo de la Calzada à environ 20km. Ce n'est pas très loin mais incontournable, c'est la ville avec des poules dans l'église.

Le chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle, via Podiensis puis Camino Frances

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