De Zafra à Torremegia : 49 km sur Pierre-Alglave.fr

De Zafra à Torremegia : 49 km

 Zafra, mardi 7 septembre.

8h, il fait jour, je quitte l'auberge de Zafra au n°1 de la rue Ancha. Dans l'ensemble c'était assez cossu, une bonne adresse si on exclut la rue bruyante et le petit-déjeuner attrape-nigaud à 2 €. Les chambres étaient immenses, dans la mienne il n'y avait que quatre lits, mais il y aurait eu de la place pour huit. J'avais d'abord cru que je profiterais seul de tout cet espace puis arrivèrent des cyclistes, pas plus antipathiques que d'autres, mais ... en groupe. Tiens ! Quand on parle du loup ! « Buen Camino !», « Buen Camino !», les voilà qui me doublent, l'un d'eux a un petit drapeau portugais qui flotte au-dessus de sa roue arrière. Le problème c'est qu'ils ont débarqué à 23h, juste à l'heure limite de fermeture, et le temps qu'ils se préparent, qu'ils lisent un peu avant de s'endormir ... à minuit la lumière brillait encore. En attendant que mes compagnons sentent le sommeil les gagner j'avais poursuivi ma lecture de "La possibilité d'une île", un livre qui ne me laisse pas du tout indifférent :  j'en ai fait des cauchemars toute la nuit.

Donc hier soir, après avoir dévalisé le distributeur de canettes de boissons fraîches, j'ai clopiné jusqu'au restaurant que m'avait indiqué la jeune femme à l'accueil, puis j'ai essayé de trouver de l'antésite pour parfumer l'eau de ma poche à eau car ce goût de plastique ou de je ne sais quoi devient insupportable, mais ils n'avaient pas ça ou je n'ai pas réussi à me faire comprendre.

Aujourd'hui je ne sais pas trop ce que je vais faire. La prochaine auberge est à 15 km ce qui est ridiculement près, mais la suivante est 34 km plus loin ce qui ferait encore une étape d'une cinquantaine de kilomètres et, là, je l'avoue, je ne sais pas si je peux me le permettre deux jours de suite, je me sens bien, mais hier soir j'en avais quand même plein les jambes et puis il y a cette ampoule. Donc en route, on verra bien surtout que j'ai pris deux heures de retard par rapport à hier ce qui, si tout se passe bien, me ferait arriver vers les 20h.

Peu après une sortie de Zafra comme toujours encouragée par le hurlements des chiens, je descends vers Los Santos de Maimona par un chemin bordé de conifères. C'est un vieux village entouré de zones pavillonnaires récentes. Certaines sont encore en construction avec toits équipés de récepteurs solaires rutilants mais les chantiers ont l'air à l'abandon : est-ce un effet de la crise ? Au loin de petites plantations, peut-être des vignes, il faut dire qu'on perd de plus en plus d'altitude. Il y a quelques nuages et un petit vent comme celui d'hier qui m'avait bien aidé à réaliser la distance. Dans un bistrot j'ai vu à la télé qu'il pleuvait en Galice, un espoir de fraîcheur pour ici.

13h40 je viens de sortir de Villafranca de los Barros. Quelques kilomètres avant j'avais retrouvé l'Espagnol aux deux sacs. Nous avons échangé nos prénoms, il s'appelle Mano. Après avoir fait ensemble un bout de route très agréable nous nous sommes séparés au milieu du bourg où il va passer un moment avant de reprendre la route en fin d'après midi. Une pratique que je ferais sans doute bien d'adopter. C'est un baroudeur. Il m'a dit porter 13kg y compris l'eau dont il n'a qu'un litre (je ne sais pas si ça lui suffit ou s'il connaît des astuces pour se réapprovisionner), et pour s'alléger il a fait l'impasse sur la pluie pour laquelle il n'a rien prévu, un vrai Espagnol confiant dans son climat. Il a déjà parcouru toutes les variantes possibles du Chemin, sauf la portion portugaise pour laquelle j'ai senti une réticence quand je lui ai posé la question : l'Espagne, point barre. Il a 42 ans et m'a trouvé très en forme... pour mon âge, en fait pour lui je suis un vieux. Il va rejoindre Astorga, le vrai trajet de la Via de la Plata d'après lui, puis il reviendra vers Leon d'où il gagnera Oviedo pour rallier Santiago par le Primitivo. Ouf ! Pas vraiment le parcours le plus direct, quelqu'un qui sait profiter du Camino... et de sa logistique. Dans le village nous avons échangé quelques mots avec deux pèlerins belges très inquiets pour leur pays toujours en pleine crise gouvernementale et linguistique. Ils ne marchent qu'une semaine qu'ils termineront à Merida.

En ville, après avoir laissé Mano, je me suis arrêté dans un bar où j'ai commandé une omelette aux pommes de terre accompagnée d'une salade pour les vitamines. C'était très bien, même monstrueux, j'ai dû en laisser la moitié. En partant le patron m'a lancé un « Buen Camino » et m'a dit m'avoir fait une ristourne sur la boisson ; merci patron ! Dans la région la personne qui s'occupe du balisage du Chemin est encore toute imprégnée par son dernier pèlerinage à Compostelle : les coquilles sont toutes à la mode de Galice les rayons dirigés vers Santiago !

A la sortie de la ville, le vent est devenu très puissant et la circulation intense, camions et tracteurs se suivent et se croisent en tous sens. En fait ce sont les vendanges : les bennes sont pleines ras la gueule de grappes de raisin. Tous les conducteurs me font un petit signe. Si mes jambes me portent suffisamment bien j'irai jusqu'à Torremegia, encore à 27 km. Sinon il y a une possibilité, décrite comme sommaire dans le guide, à Almendralejo dans 17km, c'est ce que vise Mano. En redémarrant tout à l'heure j'avais les mollets assez raides, mais le ciel est de plus en plus couvert et il fait un peu moins chaud donc on verra bien, 17 ou 27.

Bientôt je me retrouve au milieu des vignes sur une large route de terre où certaines voitures foncent comme sur une route normale en soulevant d'énormes nuages de poussières. Des panneaux indiquent un kilométrage mais je ne sais pas à quoi il fait référence, si c'est à Torremegia j'espère que les piétons empruntent un raccourci car cela paraît plus loin que prévu.

14h50, je repars après une petite pause d'une dizaine de minutes, il y a du vent et le ciel est encore un peu plus couvert, mais je ne pense pas qu'il pleuvra, un temps idéal pour le marcheur. A la halte, en déposant mon sac la pince de mon micro accrochée au col de ma chemise s'est prise dans une bretelle et a giclé sur le sol. Il m'a fallu un temps fou pour la retrouver, mais plus de peur que de mal, j'ai remis la main dessus, rien de cassé. Le chemin est parsemé de grappes tombées des tracteurs, j'en goûte, c'est du blanc, il est délicieux, mais je refrène ma gourmandise de peur de possibles conséquences fâcheuses.

16h, depuis un petit moment j'ai rejoint la voie romaine rectiligne avec quelques ondulations qui épousent le profil du terrain. Le guide, comme toujours dans ce type de trajet monotone, met en garde contre la déprime. Dans les Landes on avait droit aux mêmes avertissements pour une traversée de 4 à 6 km et c'est vrai que cela semblait parfois long. Ici non seulement il n'y a pratiquement aucun arbre, mais il y en a encore pour quelques 17 km. Heureusement la chance m'accompagne sous forme de nuages. Et puis il y a ces panneaux kilométriques qui ponctuent ma progression ;  je m'amuse à me chronométrer et j'en déduis une heure d'arrivée finale que je réajuste à chaque nouveau kilomètre franchi, d'accord c'est un peu puéril mais ça occupe, ça maintient. Bon, on y va, droit devant. Le long de la route il y a souvent du fenouil sauvage, j'aime bien, ça parfume, ça change du lisier quoique parfois les deux se télescopent.

17h, alerte ! Il pleut. Au loin on aperçoit des colonnes d'eau et une ville. Même si elle est vraiment « au loin » ça donne un objectif. C'est l'Espagne, soit ce sera un déluge soit rien, trois gouttes qui n'auront même pas le temps de mouiller le sol. J'ai à peine le temps de sortir la cape et c'est fini, Mano avait raison.

J'en profite pour m'arrêter sous un olivier. Rien ne sert de courir il faut quand même arriver. Après avoir savouré les deux petites poires qui me restaient je décide de goûter aux olives. J'en choisis  une brillante et l'autre un peu grise comme satinée espérant tomber au moins sur une mure, mais elles sont toutes les deux aussi immangeables, un goût amer, astringentes, peut-être la brillante était-elle simplement rincée par quelques gouttes de pluie. Ce ne doit pas être la saison.

Comme souvent aux pauses, à peine installé je n'ai qu'une envie, repartir. Je me raisonne, il faut prendre un peu de repos. Pour me calmer je me dis "méditons". Je m'installe, j'essaye de faire le vide, mais il y a le vent, le bruit, son souffle sur la figure, les feuilles et les branches de l'olivier qui s'agitent et me frôlent le visage. C'est raté. Je n'arrive pas à me concentrer, impossible de maîtriser cette impatience à en finir. Me voilà reparti, la machine se relance petit à petit, j'ai quelques raideurs, la tête va bien, le haut va bien, mais ça proteste en-dessous du genou, les mollets sont durs et je ne sais pas ce que je vais découvrir dans cette godasse. Patience, ça devrait aller mieux après quelques pas. Bon on y va, il doit rester 8 à 10km, disons deux heures de marche.

18h la route s'étend devant moi, depuis l'orage avorté je n'ai pas croisé âme qui vive. Je viens de ressentir une douleur dans la cheville gauche qui m'a instantanément rappelé la tendinite du Puy. J'adopte un pas très lent, je déroule le pied. Maintenir ce rythme face à cette immensité à conquérir me demande de la volonté car si j'ai hâte d'arriver, je sens qu'aller plus vite serait une bêtise. C'est le moment de se concentrer, bien respirer, regard extérieur, panoramique, contrôler tous ces petits gestes, les corriger tout en s'occupant l'esprit : j'essaye de retrouver des grilles de standards jazz, j'égraine des gammes dans des tonalités bizarres, me récite des verbes irréguliers, tente de reconstituer la formule mathématique de la combinaison de n éléments parmi p... Un vrai boulot, pas de place pour la déprime.

Pas loin de 19h, je suis vraiment près du but toujours visible dans le lointain, dans une demi-heure je devrais y être, la joie me gagne.

 

20h et des poussières, je suis dans la chambre. Arriver jusqu'ici depuis l'entrée de la ville m'a paru long et compliqué. Heureusement au centre ville un homme est venu à ma rencontre et m'a indiqué comment rejoindre l'auberge. C'était un pèlerin français qui avait lui opté pour l'hôtel. Je ne réaliserai que bien plus tard qu'il s'agissait de Guy qui m'avait déjà accueilli lors de mon arrivée tardive à Castilblanco de los Arroyos ! Apparemment lui m'avait bien reconnu, on aurait même pu croire qu'il m'attendait. Honte sur moi.

Il fait très beau et même si arrivé tard j'échoue dans un lit du haut, cela n'entame pas mon moral, j'ai une pêche d'enfer, la forme du vainqueur.

22h20, l'Argentine mène 1 à 0 devant l'Espagne, dans la rue tous les bistrots relayent cette catastrophe nationale. Je sors d'un restaurant, tout au moins c'est le nom qu'il se donne. Ce n'était pas glauque mais désert, vide, décor style « Happy days » dans les tons bleus, mais sans l'ambiance. Quand je suis entré il y avait une jeune femme, ou plutôt une jeune fille, accoudée au bar puis sont arrivés des gens que j'ai supposé être ses parents. Le garçon ne s'occupait pas d'eux, ni de moi d'ailleurs, uniquement d'elle : était-ce sa sœur, sa petite amie, une collègue, sa fiancée...? L'imagination cherche à donner un sens aux apparences. Il y avait un côté Tennessee William, l'histoire du type qui atterrit dans un endroit qui n'est pas pour lui, mais heureusement rien de dramatique, juste qu'on se fait des idées du genre « j'ai fait une longue étape, j'ai bien mérité un bon repas » et que cela ne se passe pas comme prévu.

Quand à la nuit tombante j'avais quitté l'auberge à la recherche de ma pitance tous les autres pèlerins étaient à la cuisine en train de se préparer à manger ; d'une part je n'avais pas fait de courses, d'autre part j'avais prévu de me faire un petit plaisir, j'avais même calculé m'offrir une bonne bouteille, pas de l'ordinaire pour une fois. A la question « Pourriez-vous m'indiquer un bon restaurant pas trop cher ? » l'hospitalero m'avait répondu « Ce n'est pas difficile, vous longez la rue principale et vous vous arrêtez là où ils affichent 'Menu' ». Bon, merci, ça j'aurais pu le deviner tout seul, de plus aucun n'arborait le fameux mot "Menu". Pratiquement tout était fermé à part quelques bistrots ne proposant que tapas ou sandwiches. J'avais quand même fini par en dénicher un avec un patron plein de bonne volonté, prêt à satisfaire son unique client. Mais sa proposition de platos combinados ne cadrait pas vraiment avec l'idée que je me faisais du « bon repas ». Si aucun festin n'était possible alors,  « mangeons utile » : « Auriez vous des pâtes? ».  Après un plongeon dans ses frigos il m'avait triomphalement présenté un reste congelé de pâtes à la carbonara qui ne m'avait pas du tout fait saliver. J'avais décliné l'offre et continué ma quête mais n'avait ensuite rien trouvé de mieux qu'un restaurant ouvrant à 21h30. Celui d'où je sors. J'avais hésité un moment à revenir mendier un plato combinado, mais on a sa fierté ! En attendant l'heure j'avais arpenté la ville en plein préparatif de festivités dont j'ignorais tout.

Quand après plusieurs rappels le garçon avait enfin réussi à se détacher de sa belle j'avais passé commande d'un plat de cabalao, en le savourant par avance. C'était un mélange de morue donc, d'omelette, et de pommes de terre coupées très finement. Bon, en plus me voilà égaré, l'auberge est juste à côté de l'église ce qui serait un bon point de repère si elle n'était pas minuscule, à peine plus haute que les maisons ; je ne reconnais pas cette rue, j'ai probablement raté un embranchement. Donc ? Ah oui ! Pour l'accompagner j'avais opté pour un vin blanc au nom chantant, ça changerait de l'éternel tinto, mais le garçon avait ouvert une bouteille quelconque et m'avait servi Un verre ... accompagné par des olives. Un jeune couple avec un bébé était bientôt venu renforcer l'équipe des clients. Qu'est ce qui pouvait les attirer ici ? Probablement, comme moi, le monopole local de l'offre culinaire. Ah ! Un tintement d'église, ce doit être par là, j'aurais dû noter le nom des rues. Pour être honnête ce n'était pas mauvais mais complètement décalé par rapport à mes espoirs, par rapport à l'image que je m'en étais faite. Pour compléter le tableau, il fait froid et j'ai les mollets en béton. Voilà, j'y suis ! Il faut d'abord que je ramasse mon linge qui sèche dans la rue, l'auberge est dans un bâtiment ancien très bien rénové, ultra-moderne, mais curieusement il n'y a pas d'endroit prévu pour faire sécher le linge. Avec ce vent j'espère que je vais tout retrouver et qu'un chien n'aura pas dégusté une de mes chaussettes.

Quand je suis enfin rentré dans l'auberge tous mes compagnons étaient encore attablés et menaient un joyeux tapage, un gros bidon de pinard trônait sur la table, sans doute de l'ordinaire, mais qui apparemment avait du tempérament. Je me suis joint un moment à eux, ils étaient sur la fin. D'accord, il avait fallu faire les course, puis la cuisine et bientôt la vaisselle mais manifestement ils s'étaient amusés plus que moi.

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La via de la Plata, de Séville à Santiago de Compostelle

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Hélène
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Hito or not hito ?
Commentaire #1 du : Tue 10 April 2012, 17:51:06
Borne hito, kesaco ??? J'apprécie ces récits mais décidément ils n'arrivent pas à me faire envie d'aller dans ces lieux arides et en apparence inhospitaliers, brrrrr
Pierre
Commentaire
Pour Hélène
Commentaire #2 du : Tue 10 April 2012, 18:39:08
En fait "borne hito" est un pléonasme car "hito" peut être traduit par "jalon" et n'est donc pas réservé à la via de la Plata mais il y est souvent utilisé pour désigner ces bornes cubiques le plus souvent en granit, parfois en métal, qui jalonnent (nous y voilà) ce trajet. Certaines comportent un marqueur en faïence jaune et donne la direction du Chemin de Compostelle, d'autres un marqueur en faïence bleue qui indique la direction de l'ancienne voie romaine, et enfin certaines bornes comportent les deux marqueurs si Chemin et voie romaine se confondent.
Ces bornes ne sont présentes qu'en Extramadure.
Elles sont surmontées par une représentation de la porte romaine de Caparra, le symbole de la via de la Plata.
jean-pierre de Bastia
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Les olives de Torremegia
Commentaire #3 du : Wed 11 April 2012, 22:56:23
Bonjour Pierre,
Enfin....la suite ! J'ai pensé que tu étais resté 3 semaines au Parador de Zafra !!
Un détail : il n'y a qu'un Parisien, ou un Pèlerin, qui peut penser que l'olive se mange cueillie sur l'arbre ! L'olive à l'état frais est impropre à la dégustation. Pour être consommée elle doit subir un traitement avec une base alcaline pour être débarrassée de l'acide oléopicrine qui lui donne une amertume extrême.
A très bientôt de te lire pour la suite de tes aventures !
Pierre
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RE : Les olives de Torremegia
Commentaire #4 du : Thu 12 April 2012, 09:21:15
Bonjour Jean-Pierre,
Merci pour ces précisions. Je me demande toujours comment nos ancêtres ont découvert ce genre de recette, surtout pour l'olive qui a nourri tout le bassin méditerranéen pendant des millénaires. Pour toi évidemment c'est plus facile, tu es tombé dedans quand tu étais petit !
Jean-Pierre de Bastia
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les olives de Torremegia (suite)
Commentaire #5 du : Thu 12 April 2012, 14:11:28
Re-bonjour Pierre,
Comme la plupart des découvertes "culinaires" (le Roquefort, la tarte Tatin par exemple) l'olive fraîche (et mûre) mélangée à du sel et de l'eau (de la saumure donc) a du être accidentelle il y a quelques milliers d'années et la recette améliorée au fil des siècles.
A propos des oliviers en Espagne (qui est avec la Grèce un des tous premiers producteurs européens) il existe un problème qui persiste avec la situation économique espagnole : c'est l'arrachage des vieux oliviers (cinquantenaire ou plus) entiers et en motte pour la commercialisation à but de décoration des jardins (j'en ai vu des centenaires dans un jardin d'hôtel à Roissy !!) dans tout le reste de l'Europe.
Pour info complémentaire, l'olivier est très présent en Corse avec une production d'huile d'olive Corse AOC, mais ce n'est pas un arbre endémique. Il a été importé par les Génois au 16ème siècle. Comme quoi, nous avons beaucoup à attendre des autres !
Désolé, je m'aperçois que je ne suis plus vraiment dans le sujet du pèlerinage de Saint Jacques !
Bon courage pour la suite du récit de ton périple !
Pierre
Commentaire
RE : les olives de Torremegia (suite)
Commentaire #6 du : Thu 12 April 2012, 14:45:42
Salut Jean-Pierre,
Tu es la preuve vivante que non seulement on a à attendre des autres mais aussi à apprendre ;o)
Pour ce qui est des oliviers espagnols je connaissais la triste fin de ces oliviers parfois multicentenaires déracinés à l'occasion notamment de la transformation d'oliveraies en zones pavillonnaires.

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